violence morale

Vendredi 10 Juin 2011

« La violence psychologique est le ciment de la violence conjugale »

 

Egalité des chances
« La violence psychologique est le ciment de la violence conjugale »
 

« La violence psychologique est le ciment de la violence conjugale et doit être considérée comme l'équivalent psychologique du meurtre. Sans une préparation psychique destinée à la soumettre, aucune femme n'accepterait la violence physique.

C'est cette préparation psychique, cette pression psychologique, cette violence des mots créant une situation de domination, qui conduisent de manière irréversible, à la destruction morale d'un être, puis à la violence des coups, » a déclaré aujourd'hui l'avocate Yael Mellul lors d'une audition de la Commission égalité de l'APCE sur la violence psychologique.

Pour la psychiatre Marie-France Hirigoyen, ériger la violence psychologique en un délit est un moyen d’agir en amont, de prévenir ; mais sans éducation de tous les intervenants, notamment les magistrats et policiers, elle est inapplicable. « Beaucoup de femmes ne savent pas qu’elles sont victimes de violences !

A quel moment est-on dans un conflit de couples, à quel moment dans la violence ? A la base il y a un conditionnement social. La violence psychologique se met en place par des micro-violences insidieuses, l’humiliation, le dénigrement, puis par l’insulte, des menaces, des pressions financières, le harcèlement, l’isolement social.

L’emprise agit à trois niveaux : cognitif, comportemental et émotionnel et elle peut conduire à une sorte d’addiction réciproque, » a-t-elle expliqué.

En conclusion, Elvira Kovács (Serbie, PPE/DC), chargé de préparer un rapport sur ce sujet, a estimé qu’il fallait ériger la violence psychologique en infraction même si elle est difficile à prouver, et l’inclure dans la Convention du Conseil de l’Europe pour prévenir et combattre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.

Dans son rapport, elle souhaite notamment examiner les problèmes juridiques et pratiques que pose l’établissement de la preuve de la violence psychologique.

Vendredi 8 Avril 2011

QU EST CE QUE LA VIOLENCE PSYCHOLOGIQUE OU MORALE

 

 

Qu'est-ce que la violence psychologique?

Il n'existe pas de définition universelle de la violence psychologique. Comme toute forme de violence apparaissant dans le cadre d'une relation, la violence psychologique, que l'on appelle aussi parfois « cruauté mentale », est un abus de pouvoir et de contrôle. Les comportements suivants sont généralement reconnus comme des formes de violence psychologique :

Rejeter la personne - ignorer sa présence ou sa valeur; lui faire comprendre qu'elle est inutile ou inférieure; dévaloriser ses idées et ses sentiments. Exemple : traiter régulièrement un enfant différemment de ses frères et sœurs, d'une manière qui laisse croire qu'on lui en veut, qu'on le rejette ou que l'on éprouve de l'aversion pour lui.

Dégrader la personne - l'insulter, la ridiculiser, lui adresser des injures, la parodier ou l'infantiliser; se comporter d'une manière qui porte atteinte à son identité, à sa dignité et à sa confiance en elle. Exemples : humilier la personne en public ou la traiter d'idiote; si elle est handicapée, contrefaire ses gestes ou sa démarche; traiter un aîné comme s'il était incapable de prendre des décisions.

Terroriser la personne - lui inspirer un sentiment de terreur ou de peur extrême; la contraindre par l'intimidation; la placer dans un milieu inapproprié ou dangereux, ou menacer de l'y placer. Exemples : hurler, blasphémer, obliger un enfant à être témoin d'actes de violence envers un membre de sa famille ou un animal qu'il aime; menacer une personne de l'abandonner, de la brutaliser ou de la tuer, menacer d'abandonner, de brutaliser ou de tuer un animal ou un être qui lui est cher; menacer de détruire ses possessions; menacer de la faire déporter ou institutionnaliser; traquer la personne.

Isoler la personne - Limiter son espace vital; réduire ses contacts; restreindre sa liberté de mouvement dans son propre milieu. Exemples : exclure un aîné des prises de décisions qui le concernent; enfermer un enfant dans un placard ou l'enfermer, seul, dans une pièce; empêcher la partenaire ou une personne âgée d'avoir accès à sa propre fortune ou de gérer ses finances; refuser à un aîné le contact avec ses petits-enfants; priver quelqu'un de moyens de déplacement ou de transport.

Corrompre ou exploiter la personne - L'amener à accepter des idées ou des comportements proscrits par la loi; l'exploiter matériellement ou financièrement; apprendre à un enfant à servir les intérêts de la personne qui abuse de lui plutôt que les siens. Exemples : exploiter sexuellement un enfant; laisser un enfant consommer de l'alcool ou des drogues; entraîner quelqu'un dans le commerce du sexe.

Priver la personne de chaleur humaine - Se montrer insensible et inattentif envers elle; faire preuve d'indifférence à son égard; ne s'adresser à elle qu'en cas de nécessité; ignorer ses besoins sur le plan mental. Exemples : ignorer les tentatives de communication d'un enfant; priver un enfant d'affection, de soins ou d'amour; traiter un aîné institutionnalisé comme s'il était un objet ou « un fardeau ».

• La violence psychologique s'accompagne ou non d'autres formes de mauvais traitements.

• Quelle que soit la forme que prend la violence — négligence, violence physique, exploitation sexuelle ou exploitation financière —, elle a des conséquences sur le plan psychologique. En d'autres mots, tout acte de violence comporte des éléments de violence psychologique.

• La violence psychologique suit un certain scénario; elle se répète et se renforce avec le temps. Laissée à elle-même, elle ne disparaît pas; elle ne fait que s'aggraver.

• Comme les autres formes de violence liée une relation, la violence psychologique s'abat surtout sur les personnes les plus démunies de pouvoir et de ressources, comme les femmes et les enfants.

• La violence psychologique peut miner l'estime de soi chez la victime.

Ce qu’il faut savoir

Pour bien des femmes prises dans une relation abusive, la violence psychologique est beaucoup plus débilitante que la violence physique.

Les manifestations répétées de violence verbale — accusations, railleries, insultes, jurons, cris et paroles humiliantes — ont des effets négatifs durables sur l'estime personnelle de la femme et contribuent à entretenir en elle le sentiment qu'elle est inutile, qu'elle n'a aucune valeur et qu'elle est coupable.

L'homme qui menace de tuer ou de blesser sa partenaire, son enfant, un autre membre de la famille ou un animal familier, affirme sa domination et son pouvoir coercitif. La femme qui subit ce genre de violence psychologique est terrorisée; elle se sent isolée, vulnérable et impuissante.

Les manifestations de jalousie et de possessivité à l'égard de la partenaire et les questions incessantes sur ses allées et venues et ses activités sont des moyens de contrôle qui peuvent réduire considérablement l'autonomie et la liberté de cette dernière. Isolée, celle-ci peut finir par dépendre entièrement de son agresseur pour ses contacts sociaux, sa situation financière et les nécessités de la vie.

La violence psychologique peut avoir de graves conséquences d'ordre physique et mental pour la femme : profonde dépression, anxiété, maux de tête persistants, douleurs dans le dos et les membres, problèmes d'estomac et autres encore.

Les femmes qui sont agressées psychologiquement mais non physiquement sont cinq fois plus susceptibles d'abuser de l'alcool que les femmes n'ayant aucune expérience de la violence.

Souvent, l'agresseur manifestera de la colère ou du ressentiment envers l'aîné devant des tiers. Il montrera un manque total de respect et de considération pour l'aîné en l'interrompant continuellement ou en l'humiliant publiquement. Ne pas tenir compte des désirs de l'aîné au moment de prendre des décisions qui le concernent est un signe manifeste de violence.

Détection de la violence psychologique

La violence psychologique peut être difficile à déceler. L'essentiel, toutefois, est d'être attentif au phénomène et de le comprendre. Les indicateurs qui suivent pourront aider à en reconnaître les manifestations.

Violence psychologique — Indicateurs possibles

Enfants

Adultes

-dépression

-repli sur soi

-manque d'estime de soi

-forte anxiété

-attitude craintive

-absence de vitalité (enfant en bas âge)

-agressivité

-instabilité émotionnelle

-troubles du sommeil

-plaintes au sujet de troubles non fondés

-comportement anormal pour l'âge ou l'état de développement

-passivité ou docilité excessive

-tentatives de suicide ou mention du suicide dans la conversation

-extrême dépendance

-rendement inférieur aux capacités

-incapacité de faire confiance

-compulsion voler

-autres formes de violence (connue ou présumée)

-dépression

-repli sur soi

-manque d'estime de soi

-forte anxiété

-attitude craintive

-sentiments de honte et de culpabilité

-pleurs fréquents

-honte de soi et auto-dévalorisation

-passivité ou docilité excessive

-isolement social

-report ou refus du traitement médical nécessaire

-malaise ou nervosité dans les rapports avec les aidants ou avec les proches

-tentative de suicide ou mention du suicide dans la conversation

-abus de substances toxiques

-refus du contact visuel

-autres formes de violence (connue ou présumée)


 

Que pouvez-vous faire?

SI VOUS SUBISSEZ DE MAUVAIS TRAITEMENTS

Rappelez-vous :

• Vous n'êtes pas seul(e).

• Ce qui arrive n'est pas votre faute.

• Personne ne mérite d'être maltraité.

• Vous pouvez trouver de l'aide.

 

SI VOUS SOUPÇONNEZ OU SAVEZ QU'UNE PERSONNE EST MALTRAITÉE

• Écoutez-la.

• Croyez-la.

• Appuyez-la.

• Renseignez-la sur les services de soutien auxquels elle peut faire appel.

• Dans le cas d'un enfant, dites ce que vous savez ou faites part de vos soupçons à un organisme d'aide à l'enfance ou à la police.

 

SI VOUS DISPENSEZ DES SERVICES

En collaboration avec les autres organisations concernées :

• sensibilisez davantage le public au problème de la violence psychologique;

• soyez attentif aux besoins des personnes qui sont victimes de violence psychologique ou qui l'ont été par le passé;

• tenez-vous au courant des ressources et de la documentation offertes dans le domaine de l'intervention et de la prévention.

 

Où trouver du soutien?

-service téléphonique de secours ou d'écoute, offert 24 heures sur 24

-organisme de services sociaux

-organisme d'aide à l'enfance ou de services à la famille

-police

-service d'aide juridique

-professionnels de la santé

-service de santé publique

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